Pourquoi la chirurgie orthopédique est indispensable
Pour Pierre*, l’opération n’est pas un luxe – c’est sa dernière chance
À Beni, dans l’est de la RD Congo, le Dr Moreels a rencontré récemment un patient qu’il n’a pas pu aider. Non par manque de compétences, mais bien de matériel chirurgical. L’histoire de Pierre* montre pourquoi il est urgent d’assurer des interventions de chirurgie orthopédique, et en particulier la pose de prothèses de hanche, dans cette région. Et pourquoi votre soutien peut tout changer.
*Pour respecter sa vie privée, Pierre est un nom d’emprunt.
Pierre ne peut plus travailler
Pierre a 43 ans. Il est agriculteur et père de cinq enfants. Il y a trois ans, il s’est fracturé la hanche lors d’une chute. La fracture n’a jamais guéri correctement. Aujourd’hui, il ne peut plus travailler dans son champ ni subvenir aux besoins de sa famille. Chaque pas est un calvaire.
Le Dr Moreels a rencontré Pierre il y a peu, au centre UNICHIR de Beni. Pour la première fois depuis longtemps, il a dû annoncer à un patient qu’il ne pouvait pas l’aider. Pas parce que l’intervention est impossible, mais parce que le centre ne dispose pas du matériel chirurgical nécessaire.
Un problème plus important que le VIH, le paludisme et la tuberculose réunis
Les problèmes de hanche sont fréquents à Beni. Les causes sont multiples : accident, usure de l’articulation, malformation congénitale ou nécrose de la tête du fémur due à la drépanocytose. Sans intervention, l’issue est toujours la même : invalidité permanente.
Il n’y a pas de chirurgien orthopédiste dans la région de Beni, qui compte plus de deux millions d’habitants. À titre de comparaison, la Belgique en compte un pour 9 963 habitants. Pourtant, dans l’est de la RD Congo, les cas d’invalidité dus à des problèmes de hanche et à des traumatismes non traités sont plus nombreux que ceux provoqués par le VIH, le paludisme et la tuberculose réunis. Malgré tout, une opération de la hanche est souvent considérée comme un « luxe », tout simplement parce qu’elle coûte cher.
Deux kits d’instruments pour aider des centaines de patients
Le Dr Jan Noyez, collègue du Dr Moreels, a déjà lancé bénévolement un projet similaire à Ouagadougou, au Burkina Faso. Les résultats sont éloquents : une fois opérés, les patients ont recommencé à travailler et à subvenir aux besoins de leur famille. C’est exactement ce que notre équipe veut faire aujourd’hui à Beni, pour Pierre et tant d’autres.
Les blocs opératoires sont prêts. Il ne manque que les instruments : deux kits complets coûtent au total 150 000 euros. Grâce au premier don important d’une entreprise sensible à notre cause, il nous reste 75 000 euros à réunir. Voulez-vous nous aider à changer la vie de patients comme Pierre ?
Photo 1 : « Après une opération de la hanche, un patient peut recommencer à travailler et à subvenir aux besoins de sa famille. »
Photo 2 : « Ces instruments manquent encore au centre UNICHIR de Beni. »